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Qu’est ce que la Société Distribuée?

A l’image d’Internet, notre société ressemble de plus en plus à un réseau – par nature distribué1)L’adjectif « distribué » doit être ici entendu comme synonyme de « réparti ».. Dans cette approche, chaque dividu2)Dans le nouveau paradigme qu’est l’informationnalisme, l’homme n’étant plus déifié et n’étant plus la mesure de toute chose, la notion d’« individu » devient alors désuète. En effet n’importe quel homme ou femme pourra « se diviser » ou « se distribuer » dans tous les réseaux qu’il souhaite rejoindre. se perçoit en tant que nœud d’un réseau mais aussi du Réseau, réseaux dont il a dorénavant pleinement conscience et qui fait partie de son système des représentations. Il y a une augmentation non négligeable des initiatives personnelles des dividus qui prennent les rênes de leur propre vie mais aussi de leur socialité, bien que l’ordre du temps3)L’actuel système économique et social. fait fi de ce changement et se persuade que la société est toujours organisée de manière pyramidale. Cela se concrétise par l’autoproduction énergétique comme c’est le cas avec les panneaux solaires par exemple, les échanges commerciaux tels les biens de seconde main qui sont remis en vente sur des plateformes prévues à cet effet, mais encore toutes les plateformes de coordination propres à l’économie collaborative et les cryptomonnaies.

Après avoir expérimenté progressivement un individualisme extrémiste et dévergondé caractéristique du siècle précédent, l’esprit du temps – ou zeitgeist – qui est en train d’émerger en tant que conséquence de la dialectique de l’évolution sociale, n’est ni plus ni moins qu’une prise de conscience que tout à chacun appartient à un superorganisme qui a son agenda, sa volonté propre et son intention. Cette prise de conscience collective, qui ne fût possible qu’à l’ère des réseaux électroniques,  inaugure la pensée distribuée qui est, dans une certaine mesure, une pensée holistique: les tâches et les intentions du superorganisme sont distribuées parmi ses cellules qui forment alors un réseau d’interactions dont émerge son comportement global. Chaque cellule peut alors profiter des compètences et des capacités des autres à son profit, mais aussi au profit de tous. Plus concrètement, « il est nécessaire de nous associer à l’autre pour atteindre notre but, car nôtre tâche devenant plus facile, nous pouvons par là même profiter du résultat des autres ». Au fur et à mesure, nous avons pu constater une accélération dans la contagion de ce mode de pensée, d’abord par l’usage d’Internet qui a opéré un changement du modèle symbolique de la société dans l’inconscient collectif, puis par la crise qui a poussée de manière implicite (pour ne pas dire instinctive face à l’impérieuse nécessité de survie) de plus en plus de dividus à se tourner vers ce mode de fonctionnement.

Ce changement de paradigme, qui voit la société dans son ensemble passer d’une organisation séculaire, pyramidale et centralisée à une organisation décentralisée et distribuée, explique la « crise» économique, sociale, morale et politique que nous vivons. En effet cette « crise» qui n’a de « crise» que le nom – une crise étant caractérisé par un recul et une recrudescence du phénomène étant en crise qui connaît toujours un retour à la normale – n’en est pas une; le constat est alors sans appel: il n’y aura jamais de retour à la « normale », car ce que l’on considérait jusqu’alors comme norme a disparu avec l’ancien paradigme social qui est en cours de liquidation, tout comme son avatar sur les marchés financiers qui correspond à la plus grosse bulle financière spéculative de tous les temps qui va être liquidée incessamment sous peu, entraînant par là même une accélération dans ce changement de paradigme et une intensification de la déliquescence de ce monde. Ainsi, si crise il y a, ce n’est pas d’une crise économique ou sociale dont nous sommes victimes (consentantes), mais d’une crise ontologique concomitante à une révolution anthropologique.

Cette révolution anthropologique permet pour la première fois dans l’Histoire, d’être dans une situation où les jeunes générations en plus de ne plus apprendre des anciennes, ont acquis un niveau de connaissance – entendre ici d’information – tout à fait stupéfiant, s’ensuivant alors une décorrélation, s’intensifiant d’années en années, entre ceux qui possèdent la richesse et ceux qui possèdent l’information. L’information ayant toujours été l’apannage de ceux qui possèdent la richesse, la logique voudrait la mise en place d’un transfert de richesse des anciennes générations vers les jeunes générations détentrices de l’information. Or, cela étant inenvisageable dans l’actuelle configuration sociétale, c’est donc le paradigme de valeur qui va être modifié, afin que l’ information devienne synonyme de valeur: les déstabilisations qui apparaissent progressivement dans tous les domaines que nous sommes en train de connaître sont les prodromes de ce changement de paradigme de valorisation qui représente l’une des composantes du changement de paradigme sociétal, mais aussi total que nous vivons. Les pouvoirs publics se délitant et n’ayant plus comme seule fonction celle de commissaire-priseur dans la liquidation du trésor de la maison France, pour ne parler que d’elle, et de se poser en pourvoyeur de revenus visant à maintenir un semblant de paix social artificielle, la distribution de l’information et son caractère de décentralité qui lui est inhérent va permettre une meilleure certification dans tous les secteurs où l’Etat malade a abandonné son rôle, et va surtout permettre une plus grande résilience, entraînant un changement radical du mode d’expression de la puissance dans le monde.

L’« horizontalisation» d’une structure sociétale pyramidale et donc verticale, passe irrémédiablement par des secousses de plus en plus intenses amenant finalement à l’effondrement de l’apex. Après la tempête, ce que l’on verra poindre dans le Nouveau Monde au milieu des décombres de l’ancien, ne sera ni plus ni moins que la Société Distribuée.

SocDis

Alors que le système politico-économique et social que nous appelons ordre du temps est en train de se déliter, nous nous proposons d’étudier par la théorie et surtout par la pratique le nouveau paradigme en cours de manifestation que nous avons qualifié de société distribuée. Transversalement à cette étude, nous souhaitons actualiser les moyens technologiques et cognitifs permettant la pérennisation de notre puissance et plus largement de notre civilisation, épurée de tous les concepts et idéaux qui l’ont amenée à son actuelle autodestruction.

Dans cette perspective, SocDis se veut à la fois un espace de réflexion, un réseau anonyme de personnes compétentes dans leur domaine respectif, mais aussi un espace d’autoformation mutuelle. Il se veut enfin une interface pouvant servir de catalyseur informationnel, notion que nous expliciterons ci-après. Toutes choses étant liées (ou connectées pour usiter d’un vocable propre au zeitgeist technologique), nous souhaitons intervenir sur ces trois niveaux interdépendants.

Par autoformation, nous nous appuyons ici sur la théorie de l’apprentissage social. Contrairement à l’ancien paradigme d’apprentissage dans lequel la pédagogie repose sur un « savoir programmé » (la « progression pédagogique »), centrée sur le maître « modèle à suivre », de l’effort, individualiste et compétitive, dans celui de la théorie de l’apprentissage social l’apprenant choisit choisit de porter son attention où il veut, en fonction de son parcours, de son projet, de ce qui fait sens pour lui. Dans ce groupe, il sera autant « apprenant », que « sachant » et ce sera au fil des problèmes à résoudre, du livrable à produire, que se manifestera les connaissances et savoir-faire à acquérir.4)http://www.formation-professionnelle.fr/2016/11/07/social-learning-apprentissage-social-de-quoi-parle-ton/ L’individualisme est contre-productif, c’est pourquoi il est agonisant. Ce qui comptera dorénavant, ce ne sera plus d’être un élève modèle qui saura intelligemment reformuler un contenu, mais d’apporter aux autres une contribution opportune, en vue de la production d’un livrable commun. Cette nouvelle manière de penser l’apprentissage, commence enfin à apparaître grâce à l’avènement d’Internet. Frédéric Domon cité par Le Nouvel Economiste, a ainsi défini ce nouveau type d’apprentissage « comme [étant] le développement des savoirs, des aptitudes et attitudes, par la connexion aux autres […] via les médias électroniques synchrones ou asynchrones ».

Passionnés par tous les pans de la connaissance, tout en étant spécialisés en mathématiques, en économie, en systèmes informatiques temps-réels et réticulaires, en intelligence artificielle et plus précisément en intelligence artificielle distribuée, décisionnelle et appliquée au traitement, à l’apprentissage et à la prédiction des données (de l’information), mais aussi en simulation numérique, et enfin en droit bancaire et financier, nous souhaitons nous perfectionner et mettre à dispositions des personnes ou des organisations qui ont fait le même constat que nous et qui partagent notre vision, nos compétences respectives dans un mouvement intellectuel synergétique.

Le quatrième espace qu’est Internet que l’on pourrait aussi qualifier de monde numérique et qui vient d’émerger des « flots contemporains», est pour l’instant, mais plus pour très longtemps, préservé de l’aliénation intégrale de notre temps. A la lumière des prospectives concernant ce nouvel espace, et sa prééminence de plus en plus effective sur le monde matériel – car ne l’oublions jamais, le monde étant dirigé par les idées et non par la matière, quoi de plus naturel que ce monde idéel emprisonné depuis plusieurs siècles rejaillisse dans la matière en s’en subsumant pour donner naissance à l’Internet – nous suggérons d’orienter la réflexion et la conduite de projets d’envergure visant la pérennisation du nouveau mode de transmission du savoir et de connaissances réactualisées qui sont en train d’émerger au travers de cette nouvelle nébuleuse qui ressemble de plus en plus à s’y méprendre à un grand cerveau collectif.

A titre d’exemple, nous pensons à la création d’outils de traitements et de prédiction utilisant des méthodes d’intelligence artificielle, en réalisant de l’inférence sur des données issues d’une base de connaissances globale alimentée par les travaux et les productions de personnes ou d’organisations qui se reconnaîtraient dans la description susdite. Grâce à toutes ces données de haute qualité récoltées dans tous les domaines possibles, à leur analyse minutieuse effectuée sous l’égide de spécialistes du domaine dont elles ont été extraites, nous pourrions en dégager des prévisions, des tendances générales et des motifs (comprendre ici comme traduction du terme anglais pattern) au travers de simulations numériques et de méthodes propres à l’intelligence artificielle collective. Ces méthodes permettent notamment l’étude, entre autre, des réactions possibles aux actions d’entitées de toute nature quelles soient (agents, flux, etc.), en vue d’en tirer des conduites pour les événements futurs et donc de planifier ses propres stratégies et comportements (toute planification suppose en effet, que l’on soit capable de traiter des actions en dehors de leur exécution, à partir de description de l’environnement et de ces dites actions). C’est en tout cela que cet espace numérique se veut une interface pouvant servir de catalyseur informationnel.

Devant le désert d’intelligence caractéristique de l’ère du vide et face au vertige que nous donne la vue de la dictature de l’ignorance et de la médiocrité institutionnalisée, nous nous imposons une rigueur de fer et une scrupulosité implacable qui n’a d’égale que la mentalité des premières castes aux origines de Rome qui pratiquaient les prémices de ce qui deviendra le droit, que l’on retrouvera après et qui donnera notamment la science du Droit, c’est-a-dire une attention scrupuleuse à la précision, au détail et à l’usage que l’on fait des termes, des mots, des formules ainsi qu’une terreur sacrée devant l’erreur et l’imprécision dans la formulation. Nous qualifierons cette mentalité de rigueur latine. Ainsi, pour paraphraser Henry de Montherlant, en continuel divorce avec ce qui nous entoure, fatigués de l’indignation, et ayant soif de vivre au milieu d’autres gens que des malins, des canailles et des imbéciles, nous souhaitons agglomérer et former des personnes à cet rigueur et à cette méticulosité intellectuelle, qui possèdent ce souci du détail et qui sont prêts à travailler très dur; notion de travail qui a disparue dans cette ère du vide où l’on distribue les diplômes à tout va comme l’on distribue des tracts à l’entrée du métropolitain. Alors que le monde morribond que nous avons connu s’effondre et vit ses derniers soubresauts, nous souhaitons « reconstruire un autre monde», au moins sur le plan intellectuel dans un premier temps, en cessant de porter une quelconque attention sur celui en cours de liquidation, afin de s’entourer de sodalis5)Camarade, compagnon; membre d’une corporation ou d’un collège en latin. Félix Gaffiot, Dictionnaire latin français, Hachette, 1934 « parlant le même langage». Cette agglomération de sodalis compétents qui partagent la même vision permettra le développement de projets intéressants, mais aussi d’outils et de services que nous avons à coeur de déployer. Elle permettra également une auto-formation mutuelle dans les domaines du vaste champs de la connaissance que nous ne maîtrisons pas, mais que nous aimerions découvrir à cœur joie – car connaître c’est agir – grâce à des profils variés issus de domaines différents, mais qui partagent les mêmes valeurs de travail. En effet, l’heure est venue de se réapproprier le célèbre énoncé d’Aristote: « la totalité est plus que la somme des parties».

C’est pourquoi, en plus de spécialistes en mathématiques, en informatique et en intelligence artificielle, nous cherchons à échanger et à travailler avec des gens qui ont pour domaine de prédilection les langues anciennes et plus particulièrement le latin et le grec ancien, l’Histoire, la sociologie, l’économie hétérodoxe, la linguistique, la science juridique et tout autre champs d’étude par lequel vous êtes passionnés ou dans lequel vous souhaitez vous former pour lever le voile sur la vérité des idées et la vérité des faits. Ce n’est ni plus ni moins qu’une sodalité que nous souhaitons former, réunissant des personnes passionnées, compétentes, partageant une vision totaliste des sciences, qui ont le souci du détail, pour devenir autant que faire se peut des « techniciens» de leur domaine et qui estiment comme Spinoza que l’amitié et la quête de la vérité participent de notre but le plus élevé: l’amor intellectualis Deo, l’amour intellectuel du divin6)Scruton, Roger, Spinoza, Edition du Seuil, 2000, p. 9

Le dernier objectif de cet espace de réflexion, connexe aux deux précédents, sera de théoriser, dans une démarche prospective, le concept de société distribuée qui correspond au nouveau paradigme en cours d’émergence, résultant entre autre de l’actuelle révolution anthropologique, pour penser dans une perspective « meta» et « long-termiste», les institutions, les organisations et les technologies à venir dans une approche de pérennité et de résilience.

Nous terminerons par ces quelques lignes de Spinoza qui résument succinctement mais parfaitement notre amour de la vérité:

«Pour ce qui me concerne, en effet entre toutes les choses qui ne dépendent pas de moi, il n’en est aucune qui ait pour moi plus de prix qu’un lien d’amitié établi avec des hommes aimant sincèrement la vérité. Je le crois, en effet: parmi les objets qui ne sont pas en notre pouvoir, il n’en est pas au monde auxquels nous puissions nous attacher avec plus de tranquillité qu’à l’amitié de tels hommes; pas plus qu’on ne peut abandonner la vérité une fois qu’on l’a perçue, des hommes ne peuvent cesser de s’aimer l’un l’autre, quand l’amitié qu’ils se portent se fonde sur leur commune ardeur à connaître la vérité» (lettre XIX de Spinoza « au très savant Guillaume de Blyenbergh», p. 181-182).

References   [ + ]

1. L’adjectif « distribué » doit être ici entendu comme synonyme de « réparti ».
2. Dans le nouveau paradigme qu’est l’informationnalisme, l’homme n’étant plus déifié et n’étant plus la mesure de toute chose, la notion d’« individu » devient alors désuète. En effet n’importe quel homme ou femme pourra « se diviser » ou « se distribuer » dans tous les réseaux qu’il souhaite rejoindre.
3. L’actuel système économique et social.
4. http://www.formation-professionnelle.fr/2016/11/07/social-learning-apprentissage-social-de-quoi-parle-ton/
5. Camarade, compagnon; membre d’une corporation ou d’un collège en latin. Félix Gaffiot, Dictionnaire latin français, Hachette, 1934
6. Scruton, Roger, Spinoza, Edition du Seuil, 2000, p. 9
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