Qu’est ce que la Société Distribuée?

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Image: Complex networks.
Copyright: Smith Diy

Ce monde qui vient

A l’image d’Internet, notre société ressemble de plus en plus à un réseau (par nature distribué ou réparti). Dans cette approche, chaque individu peut être vu comme un nœud du réseau, lui donnant par là même la possibilité de devenir aussi influent que certaines institutions. Il y a une augmentation non négligeable des initiatives dans lesquelles les citoyens sont en train de prendre les rênes, bien que l’actuel système politico-économique et social que nous appellerons l’ordre du temps fait fi de ce changement et se persuade que la société est toujours organisée de manière pyramidale. Dans le monde matériel, cela se concrétise par l’autoproduction énergétique comme c’est le cas avec les panneaux solaires par exemple, les échanges commerciaux tels les biens de seconde main qui sont remis en vente sur des plateformes prévues à cet effet, mais encore toutes les plateformes de coordination propres à l’économie collaborative.

Après avoir expérimenté progressivement un individualisme extrémiste et dévergondé caractéristique du siècle précédent, l’esprit du temps – ou zeitgeist – qui est en train d’émerger n’est ni plus ni moins qu’une prise de conscience que la réalisation de tâches, quelles qu’elles soient, est beaucoup plus efficiente si elle est effectuée à plusieurs ou de manière répartie, car chacun peut ainsi utiliser la connaissance et les capacités des autres à son profit, mais aussi au profit de tous. Pour le dire d’une autre manière, « j’ai tout à gagner en m’associant aux autres pour atteindre mon but, car ma tâche devient plus facile et par là même je peux aussi profiter du résultat des autres». Au fur et à mesure, nous avons pu constater une accélération dans la contagion de ce mode de pensée, d’abord par l’usage d’Internet qui, à force d’être usité a opéré un changement du modèle symbolique de la société dans l’inconscient collectif, puis par la crise qui a poussée de manière implicite (pour ne pas dire instinctive face à l’impérieuse nécessité de survie) de plus en plus de personnes à se tourner vers ce mode de fonctionnement.

Ce changement de paradigme, qui voit la société dans son ensemble passer d’une organisation séculaire, pyramidale et centralisée à une organisation décentralisée et distribuée, explique la « crise» économique, sociale, morale et politique que nous vivons. En effet cette « crise » qui n’a de « crise » que le nom – une crise étant caractérisé par un recul et une recrudescence du phénomène étant en crise qui connaît toujours un retour à la normale – ne correspond en aucun cas à cette interprétation d’une crise; le constat est alors sans appel: il n’y aura jamais de retour à la « normale », car ce que l’on considérait jusqu’alors comme norme a disparu avec l’ancien paradigme social qui est en cours de liquidation, tout comme son avatar sur les marchés financiers qui correspond à la plus grosse bulle financière spéculative de tous les temps qui va être liquidée incessamment sous peu, entraînant par là même une accélération dans ce changement de paradigme et une intensification de la déliquescence de ce monde. Ainsi, si crise il y a, ce n’est pas d’une crise économique ou sociale dont nous sommes victimes (consentantes), mais d’une crise ontologique concomitante à une révolution anthropologique.

Cette révolution anthropologique permet pour la première fois dans l’Histoire, d’être dans une situation où les jeunes générations en plus de ne plus apprendre des anciennes, ont acquis un niveau de connaissance – entendre ici d’information – tout à fait stupéfiant, s’ensuivant alors une décorrélation, s’intensifiant d’années en années, entre ceux qui possèdent la richesse et ceux qui possèdent l’information. L’information ayant toujours été l’apannage de ceux qui possèdent la richesse, la logique voudrait la mise en place d’un transfert de richesse des anciennes générations vers les jeunes générations détentrices de l’information. Or, cela étant inenvisageable dans l’actuelle configuration sociétale, c’est donc le paradigme de valeur qui va être modifié, afin que l’ information devienne synonyme de valeur: les déstabilisations qui apparaissent progressivement dans tous les domaines que nous sommes en train de connaître sont les prodromes de ce changement de paradigme de valorisation qui représente l’une des composantes du changement de paradigme sociétal, mais aussi total que nous vivons. Les pouvoirs publics se délitant et n’ayant plus comme seule fonction celle de commissaire-priseur dans la liquidation du trésor de la maison France, pour ne parler que d’elle, et de se poser en pourvoyeur de revenus visant à maintenir un semblant de paix social artificielle, la distribution de l’information et son caractère de décentralité qui lui est inhérent va permettre une meilleure certification dans tous les secteurs où l’Etat malade a abandonné son rôle, et va surtout permettre une plus grande résilience, entraînant un changement radical du mode d’expression de la puissance dans le monde.

L’« horizontalisation» d’une structure sociétale pyramidale et donc verticale, passe irrémédiablement par des secousses de plus en plus intenses amenant finalement à l’effondrement de l’apex. Après la tempête, ce que l’on verra poindre dans le Nouveau Monde au milieu des décombres de l’ancien, ne sera ni plus ni moins que la Société Distribuée.

One thought on “Qu’est ce que la Société Distribuée?

  • 16 January 2017 at 13:28
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    J’aprécie votre initiative.
    Elle me rappelle un peu la “Théorie Relative de la Monnaie”.
    Proposer des idées vraiments neuves !

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