SocDis : quel positionnement?

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Image: Accelerofeminisms: accelerationism, feminism and queer studies.
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Récemment un lecteur nous a intérrogé sur notre positionnement vis-à-vis du groupe Pièce et mains d’oeuvre ainsi que du courant accélérationniste. Nous avons donc profité de cette question très pertinente et intéressante pour rédiger ce petit billet.

Cette question nous invite à nous positionner sur une gradation qui irait de Pieces et main d’œuvre (« il faut penser contre son temps »), c’est-à-dire une position techno-conservatrice, jusqu’au courant accélérationniste qui souhaite embrasser, voire même grossir les traits du zeitgeist technologique pour mieux le maitriser en vue d’en tirer de potentiels progrès socio-économique (« à défaut de ralentir la marche du progrès technologique, tâchons de se placer à son avant-garde »). Il nous semble néanmoins qu’au sein de SocDis, nous ne nous sommes encore jamais posés la question d’une quelconque affiliation politique ou idéologique, et ce pour les raisons suivantes :

  • Nous sommes un groupe d’étude réunissant des profils hétérogènes. Bien sûr, nous avons conscience que la construction d’un réseau n’est possible qu’à la condition de partager un minimum d’affinités idéologique. Si ces affinités ont un socle commun qui est l’interêt pour le développement de l’IA, elles s’expriment cependant plus volontiers dans le domaine de la philosophie (Spinoza, Marx), de l’Histoire (étude des grands cycles historique, apogée/déclin des grandes civilisations) ou de la géopolitique (souveraineté numérique). Nous partageons cependant un certain agacement face au manque de lucidité de la société civile et de la classe face à l’ampleur des bouleversements technologiques, économiques, politiques qui nous attendent.

  • Avant tout positionnement, nous travaillons à l’élaboration d’un concept que nous estimons « neuf », la société distribuée, qui nous l’espérons sera capable d’établir une synthèse acceptable de l’ère du temps numérique. Ce travail de construction d’un concept nécessite un effort de « captation » de l’information profonde..

  • Dans ce travail de construction d’un concept nouveau, nous sommes obligés de considérer chaque option conceptuelle que l’on nous propose actuellement (Pieces et main d’œuvre, accelerationnisme, courant transhumaniste dans la tendance de Kurzweil) comme insuffisantes a priori, faute de quoi il est impossible ne serait-ce que de penser faire « peau neuve». C’est une approche que l’on peut considérer comme « dialectique ». Nous cernons quelques insuffisances, voire des impasses, aux deux opposés du spectre idéologique qui nous ont été proposés dans l’interrogation de notre lecteur.

Détaillons tout cela.

Techno-conservatisme de tendance Piece et main d’oeuvre : impasse du rejet du “nano-monde”. En sommes, nous sommes déjà allez trop loin. Le techno-conservatisme est le combat qui contraint à ne penser la société actuelle et à venir qu’en terme de fuite et de rupture radicale à une échelle locale, pendant que la Chine et les Etats-Unis construisent la post-humanité à grand pas. Ne voir que l’expression d’un système d’oppression sans jamais considérer les tendances émancipatoires de technologies numériques nous semble une vision hémiplégique du monde à venir.

Tendance accelerationniste : Exprime sans doute une confiance excessive dans la téléologie marxiste de l’accouchement du post-capitalisme par le capitalisme terminal, c’est-à-dire la capacité de l’accélération du capitalisme algorithmique d’accoucher d’une société post-capitaliste plus humaine. Cela suppose d’ignorer le fait que les prévisions marxistes d’accouchement du socialisme une fois arrivée au stade ultime du capitalisme, effectuée au temps de la révolution industrielle, se sont avérées fausses. Cela suppose aussi une certaine neutralité des outils technologiques que l’on pourrait orienter, moyennant volonté politique et sociale, tantôt vers une société plus juste, tantôt vers une société plus inégalitaire et inhumaine, ou oubliant que c’est l’utilisation même des items technologiques qui configure un nouveau type d’homme et de société (c’est de plus en plus l’homme qui s’adapte à la technologique et non l’inverse).

Il nous semble donc possible de naviguer librement entre ces deux rives, ce que nous nous efforçons de faire de manière pragmatique et rationnelle via notre réseau SocDis.

Mwog et Nok Prd

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